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Rémunération: pour en finir avec les complexes

4 août 2014
Rémunération: pour en finir avec les complexes

Fini les complexes. Il n’y a aucune gêne à réclamer une rémunération plus juste pour les personnes salariées du secteur public. Voilà le message qu'a livré I'économiste Ianik Marcil aux personnes déléguées réunies en conseil général en mars dernier. 

Par Francis Boucher

La comparaison des travailleurs du secteur public avec ceux du privé est particulièrement éclairante. En 2013, les travailleurs et les travailleuses du secteur public ont eu une rémunération en moyenne de 8,3 % inférieure à celle du secteur privé. Cet écart ne date pas d’hier, ce qui fait que les employés du secteur public ne cessent de s’appauvrir. Si les
salaires ne montent pas, les prix pour les aliments, le logement ou le transport, par exemple, montent en flèche. Depuis 10 ans, ils augmentent plus vite que la moyenne du taux d’inflation, c’est-à-dire que la moyenne de l’augmentation des coûts en général. S’il est possible de se passer du dernier modèle d’écran plat, on ne peut pas se passer de
nourriture…

Iannic Marcil.jpgL’économiste s’est ensuite attelé à détruire deux mythes persistants qui voudraient que les dépenses en santé et le déficit soient hors de tout contrôle au Québec. Si la santé est le plus gros poste de dépense du gouvernement (42% du budget), il demeure le moins élevé de toutes les provinces canadiennes. Ici, les dépenses en santé par habitant sont de 3 338$ alors que la moyenne canadienne est de 3 790$.

L’augmentation des coûts est surtout causée par les d é p e n s e s reliées aux médicaments, aux médecins et aux immobi l i s a t i o n s (construction d’infrastructure). Par exemple, les médicaments accaparent maintenant près de 19 % des dépenses en santé, alors que la rémunération des professionnels et techniciens ne représente que 9 % du budget.

D’ailleurs, la part des coûts associés aux professionnels et techniciens est l’une des seules dépenses qui a diminué depuis le début des années 2000. Bref, qu’on se le dise : vous n’êtes pas responsables de l’augmentation des dépenses.

Le discours inquiet sur le déficit n’est pas totalement dénué de fondement, affirme Ianik Marcil. Toutefois, il devient à tort trop souvent alarmiste. La situation des finances publiques n’est pas à ce point catastrophique. L’État dispose de marges de manoeuvre. Si on tient compte des versements au fonds des générations et des résultats consolidés de l’ensemble de l’État, le gouvernement du Québec n’est pas en situation de déficit, mais en surplus de plus d’un milliard de dollars.

Le discours selon lequel nos membres sont des «gras durs » est omniprésent. Pas surprenant qu’ils soient si souvent interpellés par leurs proches, leurs amis, leur famille sur cette perception fausse. Pour vous aider à répliquer, Ianik Marcil a conclu sa conférence en présentant trois arguments contenant des principes en faveur d’une rémunération juste pour les personnes salariées des services publics :

1. Un principe d’équité (entre le privé et le public) : tout travail équivalent mérite une rémunération équivalente.

2. L’importance du maintien du pouvoir d’achat des travailleurs et des travailleuses, qui sont également des consommateurs et des contribuables. Nos membres contribuent ainsi à la croissance économique et aux revenus de l’État, par les impôts et les taxes à la
consommation qu’ils paient.

3. En maintenant et en développant un système de santé public de qualité, les personnes salariées contribuent à l’enrichissement collectif : une population en santé, à tous les niveaux, est l’élément nécessaire et essentiel au développement social et économique de la société. Nous vous invitons à garder en tête ces arguments. Au cours de la prochaine année, vous en aurez besoin. Les attaques seront dures envers le secteur public. Ne vous laissez pas bousculer. Soyez fiers… vous le méritez.

Source: L'APTS en revue, juin 2014


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