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Entraide intersyndicale à Sept-Iles pour la prime de 8%

26 octobre 2015
Entraide intersyndicale à Sept-Iles pour la prime de 8%
Sept-Îles - Déterminées plus que jamais à défendre le maintien de la prime de rétention de 8% versée aux travailleuses et travailleurs du secteur public de Sept-Îles et de Port-Cartier à l'emploi du gouvernement du Québec, leurs organisations syndicales ont tenu, le 25 octobre, un grand rassemblement public sur le stationnement du Comptoir alimentaire de Sept-Îles.

Une centaine de personnes ont participé à l’événement organisé par l’Intersyndicale formée par l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Le grand rassemblement s’est déroulé de 11 h 00 à 12 h 30. Les représentants syndicaux Sylvain Sirois de l’APTS, Janine Hould de la CSQ, Fleurette Bourque du SFPQ, Stéphane Guérin du SPGQ, Guillaume Tremblay de la CSN et Sonia Nolet de la FTQ ont profité de l’occasion pour remettre 200 sacs d’épicerie au Comptoir alimentaire de Sept-Îles, un geste symbolique voulant rappeler que le retrait de cette prime serait comparable à une perte de 200 emplois à temps complet dans la fonction publique et parapublique.

Philippe Couillard et Martin Coiteux interpellés
Huit mois après le lancement de leur campagne de mobilisation publique en faveur du maintien de la prime de 8 %, les représentants syndicaux interpellent une fois de plus le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, pour qu’il ordonne le retrait de cette demande patronale à la table de négociations. Ils rappellent que l’abolition de cette prime aurait pour effet de faire perdre pas moins de 10 millions de dollars par année aux travailleuses et travailleurs de la région touchés, à leurs familles ainsi qu’à l’économie régionale. À ce montant, il faut ajouter 2,5 millions de dollars par année en retombées indirectes qui ne se serait plus injecté dans l’économie.

« Le rassemblement d’aujourd'hui devant le Comptoir alimentaire de Sept-Îles vise à envoyer un message clair au premier ministre Philippe Couillard et au président du Conseil du trésor Martin Coiteux. Ils doivent comprendre une fois pour toutes que l’abolition de cette prime est une mesure injuste d’appauvrissement de la région de la Côte-Nord. Ça fait maintenant huit mois que nous le répétons et il semble qu’ils n’aient pas encore compris. Espérons que cette fois-ci, ils vont entendre la voix de nos travailleuses et travailleurs, ainsi que de l’ensemble de la population», ont fait valoir d’une même voix les représentants syndicaux, membres de l’Intersyndicale.


Une prime pour rétablir l’équité
Ces derniers ont tenu à réitérer au gouvernement libéral que les régions ressources ne doivent pas servir uniquement de territoires d’exploitation de leurs richesses naturelles au profit du reste du Québec, pendant que rien n’est fait pour s’assurer que la population qui y habite ait droit à la même qualité et accessibilité de services publics que dans toute autre région du Québec.

«Cette prime de 8% date du milieu des années 1970 et a été instaurée pour compenser les coûts supplémentaires engendrés par le fait de travailler à Sept-Îles et Port-Cartier, comparativement au reste du Québec, telle que le démontrait une étude. Sans une telle prime, il aurait été difficile de retenir ou d’attirer des travailleuses et travailleurs pour assurer ces services à la population», soutiennent les leaders syndicaux.

Une abolition qui pourrait avoir de graves conséquences
Ces derniers sont extrêmement inquiets des intentions du gouvernement d’abolir cette prime, ce qui aurait pour effet selon eux de rompre l’équilibre de revenus entre les travailleuses et travailleurs du secteur public de la Côte-Nord et du reste du Québec.

«Le gouvernement doit réaliser qu’en plus de faire perdre à la région de Sept-Îles et Port-Cartier un montant de 12,5 millions$ par année, il met également en péril la qualité et l’accessibilité des services publics sur notre territoire. L’abolition de cette prime serait donc un geste totalement irresponsable dont nous ne sommes pas certains que Philippe Couillard et Martin Coiteux ont pris pleinement conscience des graves conséquences que cela pourrait engendrer. Une enquête a démontré que plus de 50% des travailleuses et travailleurs songent à quitter leur emploi et la région advenant l’abolition de cette prime. Il ne faudrait pas qu’au nom de l’austérité, le gouvernement en soit rendu à mettre en péril l’avenir de notre région», concluent les porte-parole des organisations syndicales membres de l’Intersyndicale.
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